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Posté: 30 Mai 2012, 18:49 

Les fourberies de Scapin : ACTE II Scène 7



En 1961 , Molière a 49 ans. Il travaille sans relâche pour Louis XIV qui multiplie les commandes . C’est pour les divertissement royaux qu’il compose et joue les Fourberies de Scapin. Il renie avec le genre de la farce. La scène 7 de l’acte II montre comment il renouvelle toutes les sources du comique. Octave et Landre sont deux jeunes hommes de familles bourgeoises , tout deux sont tombés amoureux de deux jeunes femmes. Mais les deux pères des bourgeois ont d’autres projets patrimoniaux pour leurs fils .Les deux jeunes hommes remettent alors leurs destin dans les mains de Scapin leur fidèle valet.
Dans la scène étudié , Scapin a pour mission d’extorquer à Géronde la somme nécessaire pour que son amoureux puisse la sortir des griffes des égyptiens qui la retiennent.


I- Une scène comique…
II - ..Propice à l’affrontement maitre valet


I / Une scène comique :


Le comique repose sur le personnage de Scapin qui entraine les spectateurs dans un rythme et une agitation effréné . Le spectateur qui est complice du valet ce moque de Geronde et attend de voir comment le valet va surmonté l’avarice du maitre . La scène s’ouvre sur un jeu de scène comme nous montre les didascalie . Au début du dialogue Scapin se livre à une improvisation et entraine le spectateur dans un monde féérique (un jeune turc) . L’aventure narrer par Scapin se déroule dans un univers précieux et hyperbolique (l 37) tout les déterminant se révèlent plus merveilleux les uns que les autres. (l38). Malgré tout Géronde est totalement insensible a cette description. Son matérialisme l’emporte . Le comique va se libérer avec l’opposition constante entre l’extravagance constante du récit de Scapin et l’obsession de vieil avar. Le récit de Scapin s’accélère (l43 44 45 ) Le valet réussit a impliquer Geronte par l’emploi du vous à la fin du récit . Scapin à réussit a dramatisé la situation en concluant sur un alexandrin ( ligne 46 47) . Malgré le caractère fantaisiste du récit il arrive à lui donner des accents dramatiques. .
Mais Géronte se révèle étranger a tout ce qui s’écarte de son système de valeurs. Et ne retient qu’un seul élément : L’argent ! (vers48). Pas une seule fois il ne met en doute la vraisemblance du récit de Scapin et l’idée fixe du personnage devient un élément comique majeure de la scène. Cette scène est particulièrement connue en raison de la déploration de Géronte : «  Mais que diable allait-il faire dans cette galère? » Elle apparait 7 fois dans le dialogue ( lignes 55 61 73 85 101 118 156) avec parfois une variable. Comme toujours le sens de la phrase évolue dans la scène et devient de plus en plus burlesque , bouffonne .En fondant la rime sur faire-galère Molière renforce la dimension comique et souligne l’entêtement du vieille homme. Cette répétition permet a Scapin de ridiculisé Géronte (ligne 125) . Grâce a ses aparté le valet conforte sa relation avec le public. Cest donc a travers la psychologie de Géronte qui contribue au comique de ce dialogue .Géronte se caractérise par son avarisme pour 500 écus ( lignes 48 78 80 116 138). Géronte fait part d’une stratégie de résistance qui refuse d’être dans le jeu de Scapin. Tout d’abord il joue la colère qui aboutit à l’affirmation : « je vais envoyer justice après lui » (ligne 58) La réplique de Scapin est cinglante (ligne 59) et rappel l’enjeu a Géronte. L’anaphore de « il faut » (ligne 64) montre que Géronte cherche un nouveau faux fuillant et que ses arguments ne sont pas facile à trouver. Geronte flatte Scapin (ligne 65) mais la encore il se heurte encore au bon sens du valet (ligne 70) . Des que le spectateur pense que Géronte va céder il se dérompe à nouveau. Scapin est exaspérer et réagit avec agacement. (ligne 98) . Son insolences augmente et le spectateur est aussi du coter de Scapin espérant battre la résistance de Géronte. La scène se conclut sur un comique de geste (ligne 151 152 ). Géronte joue l’égarement c’est sa derniere resistance et explique que ce trouble est du a la douleur = douleur de l’avare. Les procédés comique dans cette scène sont donc varié : Comique de geste de caractere , de repetition , de situation , mais essentiellement sur l’affrontement maitre / valet.


II - ..Propice à l’affrontement maitre valet

Le tournant de la scène s’opère à la ligne 110 lorque Géronte dis : «  Attend Scapin je m’en vais quérir cette somme ». A ce moment le sentiment paternel l’emporte sur l’avarice. Pour Géronte c’est une décision déchirante extrêmement douloureuse et les spectateur qui ont pris la mesure de son avarice comprennent alors que Scapin a su trouver les mots justes et manipuler son maitre. Le valet se caractérise par une fine connaissance psychologique et une fine connaissance du verbe : La parole.
Tout d’abord il a semer l’inquiétude dans l’esprit de Géronte pour l’affaiblir en s’affolant puis il a provoquer un sentiment de culpabilité chez son maître en suggérant qu’il était responsable du sort de son fils. Et très habillement Scapin réussit à introduire l’idée qu’il règle ses propres comptes ( lignes 31 -32) . Le fait que Scapin règle une affaire personnel justifie son acharnement à faire craquer Géronte . Il va insister sur l’urgence de la situation en répétant la marge de temps qu’il a en sa possession ( lignes 75 87 100) Cette insistance sur le thème du temps permet de dramatiser la situation et de rappeller le danger qui est censé reposer sur Léandre.
Sur un ton parfois comique parfois comique parfois dramatique Scapin manipule la fibre paternel de Géronte et mesure la profondeur de son amour. Sa stratégie consiste d’empêcher Géronte à réfléchir il va donc a certaine reprise jouer une attitude mécanique et jouer sur la répétions. L’orient merveilleux féérique du début devient progressivement un orient menaçant esclavagiste afin d’effrayer Géronte , de le persuader sans lui permettre de faire appel a sa raison. D’autres parts Scapin affronte géronte a son devoir paternel (ligne54) . L’isotopie des sentiments est omniprésente (triste - tendresse- malheur) Et surtout Scapin insiste sur « fils » qu’il emploie beaucoup ( 25 47 104 …) L’habilite du valet face a son maitre s’exprime a travers ses arguments . Il ne conteste pas d’être échanger contre Léandre puisqu’il sais pertinemment que Géronte n’éprouverait aucun remord à l’échangé et se désintéresserait de son sort. Il fait appel à sa logique ; aucun Turc n’échangerait un riche contre un valet (ligne 71 72) . Malgré tout Scapin perd son sang froid par moment et s’énerve contre Géronte (ligne 162) il pousse même a l’ironie (ligne 102) . A ce moment la il passe a l’accusation contre Géronte et évoque le peu d’amitié d’un père. La il renforce la dramatisation en multipliant les charges affectives contre Géronte. (lignes 112) .
Néanmoins il oppose quelques faibles résistances (ligne 114) même si l’esprit est vaincu le spectateur voit qu’il y a un fossé entre la parole et l’acte. Il va reprendre la somme continué a s’agiter et a discourir en multipliant les injures contre le turc imaginaire (ligne 134 136 132) Des injures il passe aux menaces (lignes 141 144 145) on voit donc que dans cette fin de scène la proportions des répliques est inverser. Géronte est celui qui parle le plus pour faire éclater sa douleur.
Dans cette affrontement Maitre/ Valet Molière ne laisse place a aucune hésitation entre un vieille égoïste et avar qui constitue un obstacles aux élans de la jeunesse et un valet astucieux infatigable , énergique . Le choix des spectateur est nettement orienté : Géronte n’inspire aucune pitié et l’alliance entre public et valet est inévitable.

Dans cette scène Molière montre sa grande maitrise du théâtre. Le comique est omniprésent sous de formes diverses : comique de situation de caractère de répétition.. Géronte apparait déchiré entre son amour paternel et sa passion pour l’argent. Il est en proie a un débat intérieur tellement intense qu’il en oublie à quel point le discours de Scapin est invraisemblable . Manipuler par son valet le maitre réagit et donne l’argent pour la plus grande joie du public.
Toutefois Molière n’est pas un écrivain exclusivement comique il est aussi un moraliste qui peut avec humour et finesse montrer la victoire indiscutable de la tendresse paternel sur le matérialisme du bourgeois. Plein d’imagination dans l’art de la fourberie doté d’une grande indépendance d’esprit Scapin annonce bien des égard le Figaro du Barbier de Séville


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Les Fourberies de Scapin


Scène VII

GÉRONTE, SCAPIN.

SCAPIN, faisant semblant de ne pas voir Géronte: Ô Ciel! Ô disgrâce imprévue! Ô misérable père! Pauvre Géronte, que feras-tu?

GÉRONTE: Que dit-il là de moi, avec ce visage affligé?

SCAPIN: N'y a-t-il personne qui puisse me dire où est le seigneur Géronte?

GÉRONTE: Qu'y a-t-il, Scapin?

SCAPIN: Où pourrai-je le rencontrer, pour lui dire cette infortune?

GÉRONTE: Qu'est-ce que c'est donc?

SCAPIN: En vain je cours de tous côtés pour le pouvoir trouver.

GÉRONTE: Me voici.

SCAPIN: Il faut qu'il soit caché en quelque endroit qu'on ne puisse point deviner.

GÉRONTE: Holà! es-tu aveugle, que tu ne me vois pas?

SCAPIN: Ah! Monsieur, il n'y a pas moyen de vous rencontrer.

GÉRONTE: Il y a une heure que je suis devant toi. Qu'est-ce que c'est donc qu'il y a?

SCAPIN: Monsieur.

GÉRONTE: Quoi?

SCAPIN: Monsieur, votre fils.

GÉRONTE: Hé bien! mon fils.

SCAPIN: Est tombé dans une disgrâce la plus étrange du monde.

GÉRONTE: Et quelle?

SCAPIN: Je l'ai trouvé tantôt tout triste, de je ne sais quoi que vous lui avez dit, où vous m'avez mêlé assez mal à propos; et, cherchant à divertir cette tristesse, nous nous sommes allés promener sur le port. Là, entre autres plusieurs choses, nous avons arrêté nos yeux sur une galère turque assez bien équipée. Un jeune Turc de bonne mine nous a invités d'y entrer, et nous a présenté la main. Nous y avons passé; il nous a fait mille civilités, nous a donné la collation, où nous avons mangé des fruits les plus excellents qui se puissent voir, et bu du vin que nous avons trouvé le meilleur du monde.

GÉRONTE: Qu'y a-t-il de si affligeant en tout cela?

SCAPIN: Attendez, Monsieur, nous y voici. Pendant que nous mangions, il a fait mettre la galère en mer, et, se voyant éloigné du port, il m'a fait mettre dans un esquif, et m'envoie vous dire que si vous ne lui envoyez par moi tout à l'heure cinq cents écus, il va vous emmener votre fils en Alger.

GÉRONTE: Comment, diantre! cinq cents écus?

SCAPIN: Oui, Monsieur; et de plus, il ne m'a donné pour cela que deux heures.

GÉRONTE: Ah le pendard de Turc, m'assassiner de la façon!

SCAPIN: C'est à vous, Monsieur, d'aviser promptement aux moyens de sauver des fers un fils que vous aimez avec tant de tendresse.

GÉRONTE: Que diable allait-il faire dans cette galère?

SCAPIN: Il ne songeait pas à ce qui est arrivé.

GÉRONTE: Va-t'en, Scapin, va-t'en vite dire à ce Turc que je vais envoyer la justice après lui.

SCAPIN: La justice en pleine mer! Vous moquez-vous des gens?

GÉRONTE: Que diable allait-il faire dans cette galère?

SCAPIN: Une méchante destinée conduit quelquefois les personnes.

GÉRONTE: Il faut, Scapin, il faut que tu fasses ici l'action d'un serviteur fidèle.

SCAPIN: Quoi, Monsieur?

GÉRONTE: Que tu ailles dire à ce Turc qu'il me renvoie mon fils, et que tu te mets à sa place jusqu'à ce que j'aie amassé la somme qu'il demande.

SCAPIN: Eh! Monsieur, songez-vous à ce que vous dites? et vous figurez-vous que ce Turc ait si peu de sens, que d'aller recevoir un misérable comme moi à la place de votre fils?

GÉRONTE: Que diable allait-il faire dans cette galère?

SCAPIN: Il ne devinait pas ce malheur. Songez, Monsieur, qu'il ne m'a donné que deux heures.

GÉRONTE: Tu dis qu'il demande.

SCAPIN: Cinq cents écus.

GÉRONTE: Cinq cents écus! N'a-t-il point de conscience?

SCAPIN: Vraiment oui, de la conscience à un Turc.

GÉRONTE: Sait-il bien ce que c'est que cinq cents écus?

SCAPIN: Oui, Monsieur, il sait que c'est mille cinq cents livres.

GÉRONTE: Croit-il, le traître, que mille cinq cents livres se trouvent dans le pas d'un cheval?

SCAPIN: Ce sont des gens qui n'entendent point de raison.

GÉRONTE: Mais que diable allait-il faire dans cette galère?

SCAPIN: Il est vrai. Mais quoi? on ne prévoyait pas les choses. De grâce, Monsieur, dépêchez.

GÉRONTE: Tiens, voilà la clef de mon armoire.

SCAPIN: Bon.

GÉRONTE: Tu l'ouvriras.

SCAPIN: Fort bien.

GÉRONTE: Tu trouveras une grosse clef du côté gauche, qui est celle de mon grenier.

SCAPIN: Oui.

GÉRONTE: Tu iras prendre toutes les hardes qui sont dans cette grande manne, et tu les vendras aux fripiers, pour aller racheter mon fils.

SCAPIN, en lui rendant la clef: Eh! Monsieur, rêvez-vous? Je n'aurais pas cent francs de tout ce que vous dites; et ce plus, vous savez le peu de temps qu'on m'a donné.

GÉRONTE: Mais que diable allait-il faire à cette galère?

SCAPIN: Oh! que de paroles perdues! Laissez là cette galère, et songez que le temps presse, et que vous courez risque de perdre votre fils. Hélas! mon pauvre maître, peut-être que je ne te verrai de ma vie, et qu'à l'heure que je parle, on t'emmène esclave en Alger. Mais le Ciel me sera témoin que j'ai fait pour toi tout ce que j'ai pu; et que si tu manques à être racheté, il n'en faut accuser que le peu d'amitié d'un père.

GÉRONTE: Attends, Scapin, je m'en vais quérir cette somme.

SCAPIN: Dépêchez donc vite, Monsieur, je tremble que l'heure ne sonne.

GÉRONTE: N'est-ce pas quatre cents écus que tu dis?

SCAPIN: Non: cinq cents écus.

GÉRONTE: Cinq cents écus?

SCAPIN: Oui.

GÉRONTE: Que diable allait-il faire à cette galère?

SCAPIN: Vous avez raison, mais hâtez-vous.

GÉRONTE: N'y avait-il point d'autre promenade?

SCAPIN: Cela est vrai. Mais faites promptement.

GÉRONTE: Ah, maudite galère!

SCAPIN: Cette galère lui tient au cœur.

GÉRONTE: Tiens, Scapin, je ne me souvenais pas que je viens justement de recevoir cette somme en or, et je ne croyais pas qu'elle dût m'être si tôt ravie. (Il lui présente sa bourse, qu'il ne laisse pourtant pas aller; et, dans ses transports, il fait aller son bras de côté et d'autre, et Scapin le sien pour avoir la bourse) Tiens. Va-t'en racheter mon fils.

SCAPIN: Oui, Monsieur.

GÉRONTE: Mais dis à ce Turc que c'est un scélérat.

SCAPIN: Oui.

GÉRONTE: Un infâme.

SCAPIN: Oui.

GÉRONTE: Un homme sans foi, un voleur.

SCAPIN: Laissez-moi faire.

GÉRONTE: Qu'il me tire cinq cents écus contre toute sorte de droit.

SCAPIN: Oui.

GÉRONTE: Que je ne les lui donne ni à la mort, ni à la vie.

SCAPIN: Fort bien.

GÉRONTE: Et que si jamais je l'attrape, je saurai me venger de lui.

SCAPIN: Oui.

GÉRONTE, remet la bourse dans sa poche, et s'en va: Va, va vite requérir mon fils.

SCAPIN, allant après lui: Holà! Monsieur.

GÉRONTE: Quoi?

SCAPIN: Où est donc cet argent?

GÉRONTE: Ne te l'ai-je pas donné?

SCAPIN: Non vraiment, vous l'avez remis dans votre poche.

GÉRONTE: Ah! c'est la douleur qui me trouble l'esprit.

SCAPIN: Je le vois bien.

GÉRONTE: Que diable allait-il faire dans cette galère? Ah, maudite galère! traître de Turc à tous les diables!

SCAPIN: Il ne peut digérer les cinq cents écus que je lui arrache; mais il n'est pas quitte envers moi, et je veux qu'il me paye en une autre monnaie l'imposture qu'il m'a faite auprès de son fils.


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